Au lendemain d’une Coupe du Monde réussie avec la France, et de quelques frémissements sur le marché des transferts mondial, Michael Olise semble aujourd’hui être un joueur serein du Bayern Munich. Un élément avec lequel le club bavarois veut logiquement construire sa prochaine saison et même son avenir à plus long terme. Jamais présent dans un jeu médiatique qui pourtant régit aujourd’hui le fonctionnement global, Olise attire tant par cette discrétion que par un talent qui a désormais explosé aux yeux de la planète entière. Un talent individuel hors normes, auquel on tente de coller des étiquettes, car le garçon ne cherche pas à imposer une histoire. L’étiquette du possible joueur le plus cher de l’Histoire du football lui plairait-elle ? Elle le ferait sûrement sourire. Alors Michael Olise peut-il être le joueur le plus cher de l’Histoire du football ?
Né en Angleterre, le joyau a été poli par les meilleurs centres de formations du pays. A Arsenal, à Chelsea, à Manchester City, Michael Olise a côtoyé ce qui se fait de mieux et a pu avoir une formation d’élite. Si cela n’est absolument pas un prérequis pour pouvoir atteindre les sommets d’un point de vue individuel, c’est tout de même un bagage qu’il possède et qui se voit dans sa manière d’évoluer avec ballon sur le terrain. Son aisance. Sa facilité. Gaucher, il a quasiment toujours évolué sur le côté droit pour pouvoir éliminer et rentrer sur son meilleur pied en position de frappe ou de passe. Là encore, tout le monde a longtemps pensé qu’il était uniquement un ailier pur. En réalité, c’est également un meneur de jeu axial, un numéro 10, qui peut organiser les phases de possession de son équipe. Il n’a jamais rien dit, attendant peut-être que quelqu’un le voit. Comme s’il demandait à ce qu’on soit à son niveau, si cela est possible. C’est une fois dans une position plus axiale, lors de la Coupe du Monde et son titre de meilleur passeur de la planète terre, qu’il a exprimé publiquement une aisance personnelle très élevée à ce poste qui l’attire également. Ce qui est fascinant avec Michael Olise, c’est qu’il comprend les besoins et les attentes peu importe le poste et la zone où il évolue.
Un métier si facile
L’évolution individuelle du joueur a suivi une trajectoire linéaire, qui a tout de même connue une accélération brutale lors des derniers mois et notamment lors de cette dernière saison. Avant d’être l’une des stars du Bayern Munich, l’un des plus grands clubs de football de l’Histoire, Michael Olise a d’abord perfectionné ses gammes en Premier League. A l’échelon inférieur à Reading, puis à Crystal Palace en Premier League. Un club où la pression n’est pas démesurée et qui lui a permis de montrer des bribes de son talent. Par séquences, car Olise n’a jamais voulu exploser la porte. Il attend qu’elle s’ouvre et ensuite elle ne se referme plus jamais. Parfois fragile physiquement, parfois nonchalant (un qualificatif qui lui colle à la peau et dont il s’amuse volontiers lors de ses reconnaissances terrain), Michael Olise n’a jamais cherché à impressionner. La raison est que le football est facile pour lui, c’est son métier et cela lui suffit. Aux autres de voir s’il y a assez de talent et pour quelle utilisation. Le talent individuel, il en déborde de ce joueur, et tout s’est accéléré lorsque le Bayern a cru en lui il y a maintenant deux étés.
Acheté pour 53 millions d’euros, une somme qui paraît aujourd’hui dérisoire mais qui n’était pas si évidente à l’époque, Michael Olise n’a pas mis longtemps pour justifier l’investissement financier effectué sur lui par le club bavarois. Deux saisons lors desquelles le Bayern Munich a tout écrasé d’un point de vue national, avec un Olise qui s’est incorporé à un niveau beaucoup plus exigeant de manière stupéfiante. Le joueur s’est d’abord fondu dans un effectif cinq étoiles, pour montrer qu’il était un titulaire impossible à déloger avec une première saison réussie. Décisif 43 fois en 55 matchs, il a posé une carte de visite avec une mention : « Regardez ce que je peux faire. Si vous voulez, je peux accélérer ». Lors de sa deuxième saison, cette année, Michael Olise a explosé tous les plafonds. Décisif 53 fois en 52 matchs, il a également eu un impact dans les matchs importants notamment en Ligue des Champions. Passeur et buteur contre le Real Madrid, buteur contre le Paris Saint-Germain, Olise n’a en réalité absolument aucune limite. Il a bénéficié du bon travail sportif du Bayern Munich grâce à l’approche tactique de l’entraîneur Vincent Kompany, mais il est également l’une des raisons de la forme éblouissante de l’institution bavaroise.

Ailier ou meneur de jeu ?
Positionné à droite, dans un rôle d’ailier qu’il connaît parfaitement et qu’il maitrise, Olise s’est amusé. Capable d’éliminer quand l’espace se resserre et que la qualité technique doit être au plus haut, capable de profiter des espaces que la Bundesliga peut parfois offrir grâce à une très bonne gestion de la profondeur, il peut faire penser à différents registres de joueurs. Certains y verront du Robben, dont la pénétration dans l’axe pour revenir sur son pied gauche était l’arme ultime, d’autres y verront du Mahrez grâce à une première touche de balle hors normes. Dès qu’il reçoit le ballon, Olise est déjà en avance sur ses vis à vis. La manière d’orienter son corps, de toucher le ballon, puis de le maîtriser, en font une arme totalement fatale. Un athlète aussi, car sa capacité à jouer ailier et à éliminer découle d’un aspect physique parfaitement adéquat. Ni lourd, ni grand, Olise possède la morphologie parfaite. Dans cette palette individuelle déjà extrêmement large, il manquait encore un aspect. Que la France lui a donné.
C’est à la Coupe du Monde aux Etats Unis que Michael Olise a évolué dans une position de meneur de jeu, de pur numéro 10, et qu’il a alors montré une nouvelle version de lui-même. C’est Olise qui a débloqué le premier match contre le Sénégal, par la passe, et c’est toujours lui qui a prolongé le tournoi dans cette voie avec une facilité totalement déconcertante. 7 passes décisives, le meilleur score de très loin, et une question qui a alors jailli : « que ne sait-il pas faire ? » Si vous cherchez encore une réponse à cette question, il est possible de gagner du temps. La réponse est rien. Il n’y a absolument rien que Michael Olise ne sache pas faire. S’il joue à droite, il sait qu’il doit avoir un impact par le but dans la surface adverse. En plus de son apport par la passe. S’il joue dans l’axe, il sait qu’il est le garant de la création de son équipe avec ballon. La marge de progression avec ce joueur existe, mais elle est extrêmement fine tant sa compréhension du jeu et du football est grande.
Alors s’agit-il du joueur ultime ? Avons-nous trouvé LE joueur de football complet ? Chacun aura une réponse différente et si la marge de progression existe, nous allons en parler, il est d’un point de vue personnel le joueur de football le plus complet qu’il m’ait été donné de voir depuis Neymar Junior. Le joueur le plus cher de l’Histoire du football avec un transfert au Paris Saint-Germain à 222 millions d’euros.
Des limites qui n’existent pas
Agé de 24 ans, Michael Olise a choisi de représenter la France au niveau international depuis longtemps déjà. Bercé par les exploits de Zidane, Olise évoluera d’ailleurs désormais sous les ordres de Zizou en Bleu. Au nouvel entraîneur français de trouver sa meilleure utilisation, ce qui ne sera pas difficile. Là où Olise peut encore évoluer se situe dans un domaine qu’il est facile d’obtenir. Dans la méchanceté, mais évidemment le bon sens du terme. Une méchanceté qui doit lui permettre d’avoir une envie toujours plus grande d’évoluer à un niveau toujours plus élevé. Monsieur Nonchalant, comme il est surnommé, est surtout un garçon qui aime le foot et qui veut simplement réaliser les rêves qu’il s’était fixé. Parmi ceux-là, être le joueur le plus cher de l’Histoire n’est absolument pas une préoccupation. Sinon il serait dans les médias, sinon il serait ami avec des consultants, et sinon il chercherait à contrôler ce qu’on dit de lui. Il n’en à rien à faire. Il voulait être joueur de football professionnel et il l’est. Il voulait jouer avec l’Équipe de France sans jamais avoir vécu en France et il est international français. Si demain Michael Olise décide d’être le meilleur joueur de la planète, il le sera.
L’aspect sportif de Michael Olise a été évoquée, et son apport concret ne correspond pas encore à ce qu’il pourra être à l’avenir. C’est ici le point particulièrement terrifiant. Quand à l’aspect marketing, il est une voie royale avec un athlète qui là encore regarde ce qui lui est proposé. Il n’a pas besoin de sponsor, il gagne déjà assez d’argent, mais le jour où il se décidera ce sera violent.
La question peut paraitre folle, mais le Bayern Munich est-il devenu aujourd’hui un écrin trop petit pour un tel talent ? Le Real Madrid s’est renseigné pendant la Coupe du Monde mais le prix a déjà dépassé les 150 millions d’euros. Et de loin. Le Real a préféré se tourner vers deux joueurs pour le prix d’un Olise, mais rien ne peut remplacer la qualité individuelle de ce joueur. Le Bayern Munich, avec qui Olise est sous contrat jusqu’en 2029, ne voit pas d’un bon œil une vente. Logiquement. Mais comment s’opposer à ce garçon qui atteint absolument tout ce qu’il souhaite ? Si l’international français décide qu’il veut absolument partir pour un club en particulier, si l’alchimie avec un entraîneur est telle qu’il en fait une priorité, alors comment brider un ovni qui deviendrait certainement la plus grosse vente de l’Histoire du football.
L’histoire d’un garçon si talentueux, si fort, qui est aujourd’hui encore dans un cocon relatif qui lui permet de ne pas être en première ligne. Demain, il peut devenir le joueur le plus cher de l’Histoire du football.
Emmanuel Trumer